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Résultat scientifique | Cancer | Système immunitaire

Une nouvelle immunothérapie pour les cancers de la vessie et du rein


​Une équipe du CEA-IMETI1 de l’hôpital St Louis, à Paris, met au point une nouvelle stratégie d’immunothérapie pour traiter le cancer, avec une première application pour les cancers de l’appareil urinaire. Les anticorps sont en cours de développement et les essais cliniques pourraient démarrer d’ici 18 mois.

Publié le 1 juin 2015

La réponse immune de notre organisme est un subtil équilibre. Tel un funambule sur son fil, le système immunitaire tente de lutter contre les éléments nuisibles (virus, bactéries, …) sans tomber dans une réaction violente, alors délétère (maladies auto-immunes). L'équipe du CEA-IMETI de l'hôpital St Louis travaille depuis plus de 20 ans sur la molécule HLA-G, un « checkpoint » de la réponse immune. « Les checkpoints inhibent la réponse immunitaire, explique Edgardo D. Carosella, directeur du SRHI1 au CEA-IMETI. La molécule HLA-G est d'abord connue pour son rôle dans la tolérance fœto-maternelle, afin que l'organisme de la mère ne rejette pas son fœtus comme elle éliminerait un corps étranger. Elle a ensuite été retrouvée dans les cellules tumorales, pour tous les types de cancers, essentiellement dans les stades les plus avancés de la maladie. Dans ce dernier cas, l'action de ce checkpoint n'est pas souhaitable car il inhibe la réponse de l'organisme, en particulier l'action des lymphocytes T, face à l'envahissement tumoral.

Des immunothérapies à base d'anticorps dirigés contre des checkpoints ont été développées. Il existe aujourd'hui deux anticorps pour bloquer deux checkpoints, CDLA4 et PDL1. Les premiers sont utilisés pour traiter les mélanomes et les seconds sont actuellement en tests cliniques pour différents types de cancers (mélanome métastatique, cancer du poumon, du rein, etc.). « Nous proposons une 3ème voie, avec l'élaboration d'un traitement anti-cancéreux ciblant le checkpoint HLA-G, raconte le médecin immunologiste. La preuve de concept a été validée chez un modèle rongeur. La société Immunovadis a  préparé des anticorps anti-HLA-G humanisés qui seront utilisés en thérapeutique humaine. Nous les validons actuellement. » Edgardo D. Carosella et son équipe ont choisi de les tester dans les cancers de l'appareil urinaire, plus précisément de la vessie et du rein. Pour les cancers de la vessie, une nouvelle immunothérapie constituerait une alternative ou un complément intéressant à l'immunothérapie actuelle et aux thérapies conventionnelle, à savoir la chirurgie et la radiothérapie (délicate car la vessie se situe proche de la prostate et du côlon). Les cancers du rein sont également traités par la chirurgie. Ils sont en revanche résistants à la radiothérapie.

Des essais chez l'Homme pourraient débuter d'ici 18 mois, pour les patients ne répondants pas aux traitements actuels. Ils démarreront à l'hôpital St Louis, dans l'unité clinique translationnelle2 du Pr François Desgrandchamps.


  1. Service de recherche hospitalo-universitaire en Hémato-Immunologie (SRHI)
  2. Qui fait partie du SRHI

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